Zoom sur Haguenau

Le gouvernement met les retraités à la rue

Place Kléber à Strasbourg ! Quelques milliers de retraités ont défilé, ce jeudi 15 mars, contre la hausse de la CSG, avec souvent, le sentiment d’être pris pour cible par le gouvernement d’Edouard Philippe. La section FGRCF de Haguenau mais aussi celle de Strasbourg, Saverne et Mulhouse étaient très bien représentées.
Ils n’ont qu’un nom à la bouche : « Emmanuel Macron, rend nous le pognon ». Les retraités ont l’humeur morose. Postée en retrait, une personne digne et d’un âge certain, lâche quelques phrases au compte-gouttes : « Avec ma femme on va perdre 1000 euros par an. On a l’impression d’être pris pour des vaches à lait. »
Des retraités en colère
En musardant entre les différents groupes, Charles, ancien fonctionnaire, se montre plus bavard. « C’est simple, la hausse de la CSG ampute mon budget d’une semaine de courses. Ce qui me choque le plus, c’est le ton méprisant de Macron. Il ne tient pas compte de tout ce que font les retraités pour la société, ils sont engagés bénévolement. » Le sentiment d’être une cible facile s’exprime chez beaucoup de manifestants. Même en colère, les retraités ne vont pas bloquer le pays, ou casser les centres villes. Et le gouvernement le sait. Le cortège s’avance tranquillement au rythme scandé par des bruiteurs. Albert a des choses à dire : « Je suis retraité depuis 1994. Depuis cette date, les pensions ont peu augmenté et maintenant ils nous piquent notre pognon ! ».
Anne, qui travaillait dans le privé « où tout ne fut pas si simple », n’accepte pas le chantage du conflit de générations que, selon elle, le gouvernement fait aux retraités. « Nous ne faisons qu’aider les jeunes, et nous continuons à cotiser, assène-t-elle froidement ! ».
Le gouvernement veut nous faire passer pour des nantis
Alfred, septuagénaire, touche 1250€ par mois, après 45 ans de travail, approuve. « Ils veulent nous faire passer pour des nantis. Mais, nous sommes à des âges où les problèmes de santé s’accumulent, où on aide nos enfants, et même nos propres parents qui sont en maisons de retraite. Tout cela coûte très cher ! », dit-il d’une voix fatiguée. Dépité, il souffle qu’il serait même prêt à voter les extrémistes ».
Les prénoms ont été changés volontairement.